Alternatives aux clones (crack) de para2000 :-/

19 août 2019 - Temps de lecture: 2 minutes

En version "crackée", para2000 est disponible sous: paraglider.onlinepara3000.tk, paracn ou web.archive.org. A coté de ces sites certes utiles, mais pas vraiment légaux, soulignons donc les excellentes initiatives de paratroc pour estimer le prix d'une voile, ou de gliderbase (aux buts toutefois plutôt commerciaux). 

Du côté de cdv.li/bre (Communauté de Vol Libre), nous avons simplifié ces éléments sous https://cdv.li/bre/matos.html.

Un travail de fonds pour constituer une base de données (lien) fiable et opensource. L'accès à la base est effectivement ouvert, ce qui ne signifie pas non plus que son utilisation soit libre... les termes sont résumés par les acronymes CC BY-NC-SA: Creative Commons attribuée (BY), pas d’utilisation commerciale (Non Commercial) - sauf accord, partage uniquement aux mêmes conditions (Share Alike).

Construit, depuis des mois, sans l'aide des sites crackés, alors que para2000 existant encore, nous avons maintenant l'historique de toutes les marques du marché, l'accès aux plans de suspentage et manuels de la plupart des voiles. Le travail n'est pas fini et les contributions bienvenues :-)


Cover Image

Lecture des émagrammes

9 juillet 2019 - Temps de lecture: 6 minutes

Un émagramme représente, pour un lieu donné, l'évolution de la température d'une masse d'air sèche et humide en fonction de son altitude.

Son analyse permet notamment de déduire l'altitude des nuages (plafonds), leurs densités ainsi que les ascendances. Ces informations s'obtiennent soit graphiquement (voir ci-dessous), soit par calcul (plafond = [T - Td] x 120, ascendance = sqrt{[2 x cape] / 2}, visibilité = T - Td au niveau de l'inversion ou v = 0 ou 1/8 si dif. > 7 deg., v = 2 ou 3/8 si dif. > 4 deg., v = 4 ou 5/8 si dif. > 2 deg.).

Lecture de l'image ci-dessus... La courbe magenta représente le parcours d'une particule d'air en fonction de la pression et des températures (mesurées ou prévues).

La zone hachurée rouge représente le nuage, le trait noir le niveau de condensation, base du nuage.

Les adiabatiques sèches et humides sont numérotées à partir de la température par laquelle elles passent pour la pression conventionnelle de 1000hPa.

Que se passerait-il si ce profil, mesuré à 23h, demeurait tel quel le lendemain après-midi ?

1) Formation d'une bulle
Une particule d'air à 13°C s'échauffe de 3°C au niveau du sol à son contact. Elle se dilate. Sa densité (le terme rigoureux est masse volumique) diminue. Elle "flotte" dans l'air environnant resté plus froid, comme une montgolfière. Lorsque cette poussée d'Archimède s'est exercée suffisamment longtemps, elle vainc les inerties et les frottements. Les forces sont suffisantes pour écarter l'air au dessus de la bulle et aspirer sous elle l'air qui va la remplacer.

2) Ascendance
La bulle s'élève. La pression atmosphérique ambiante diminuant avec l'altitude, la particule se détend de façon adiabatique, sans échange d'énergie avec l'environnement.
Ses caractéristiques évoluent dans le plan Pression-Température en suivant l'adiabatique sèche "16°C", parallèle aux pointillés bleus, 16° étant sa température au décollage à la pression de 1000hPa (mbar).

3) Base du nuage
Arrivée à 800m, elle atteint 10°C et la saturation. De l'eau condense en brouillard qui alimente le nuage.

4) Développement du nuage
La chaleur consommée précédemment pour évaporer l'eau est restituée lors de la condensation. Cela limite le refroidissement de la particule par détente. Elle s'élève dans le plan Pression-Température en suivant la pseudo-adiabatique humide "13°C", parallèle aux pointillés oranges. Cette courbe "13°C" passe bien par le point de coordonnées 800m/10°C où est apparu la condensation. L'écart entre la température de la particule et celle de l'air environnant augmentant, la différence de densité s'accentue et l'ascendance se renforce. Le nuage "pompe" fortement (on peut atteindre des vitesses verticales de 10 à 20m/s, soit 35 à 70km/h, dans un cumulo-nimbus !)

Sommet du nuage
La température de la particule atteint -25°C, identique à la température ambiante. Il n'y a plus de différence de densité. L'ascension s'arrête à 6000m. C'est un beau Cumulus congestus.
Il gèle fortement dans le nuage. Les cristaux de glace s'agglomèrent. La forte ascendance les empêche de descendre tant qu'ils ne sont pas assez gros et lourds. On doit s'attendre à des averses de grêle, qui peuvent se transformer en pluie près du sol.

Source: GCVL

Autres sources:

  • MeteoCentre (lien)
  • L'Avionnaire, Émagrammes (lien)
  • Actualisation des connaissances / Météo, avril 2004 (lien)
  • J-L Dumoulin, Émagrammes en toute simplicité, 2012 (partie 1 et 2)
  • G. Jacqueline, Lecture d'un émagramme, 8p., 2010 (lien)
  • VéliVol, Apprendre à lire un émagramme en 2 minutes sans prises de tête, 2015 (lien, video, complet)
  • M. Schultze, (lien)

 


Compétition de vol à ski: Fly Bétrisey Reine Cup

21 janvier 2019 - Temps de lecture: ~1 minute

Source: Canal 9

Le ciel du Val d’Anniviers accueillait la 33e Bétrisey Reine Cup, une compétition de parapente avec des épreuves impressionnantes. L’occasion pour les parapentistes de se mesurer entre eux et pour le public d’admirer les prouesses aériennes. La station de Zinal a servi de décor à 90 participants. Pour les départager, 3 manches et 8 épreuves. Chez les femmes, c’est la pilote Anne Bosvieux qui s’est illustrée, chez les hommes, c’est Eliot Nochez. Philippe Briod, président comité organisation nous donne son avis.


Le parapente, par Laurie Genovese

25 octobre 2018 - Temps de lecture: 11 minutes

Interview de Sportihome Mag

Sportive de haut niveau annécienne, Laurie peut aujourd’hui se targuer d’un sacré palmarès dans sa discipline, la distance. Elle a notamment remporté la Superfinale de la Coupe du monde de parapente 2017-2018, disputée en janvier dernier en Colombie.

Laurie en quelques mots
Naissance: 11 février 1992, à Thonon-les-Bains
Débuts: j’ai commencé le parapente en 2006
Palmarès: plusieurs titres de championne de France, vainqueur de la finale de la Coupe du monde en 2014 et en janvier 2018.
Un site que tu rêves de survoler: Afrique du Sud
Ta routine avant d’aller voler: écouter de la bonne musique

Laurie, qu’est ce qui t’a donnée envie de te mettre au parapente ?

Je suis née un peu dedans, mon père vole depuis que je suis petite. Toute jeune, j’étais donc traînée avec ma sœur sur les zones de décollage, d’atterrissage… J’ai fait mon premier vol biplace à 8 ans, avec mon père. A l’âge de 14 ans, âge légal pour voler seul hors école, j’ai naturellement réalisé mon premier vol.

Quels souvenirs gardes-tu de ta première session ?

Pas mal de stress, quand même (rires) ! Jusqu’alors, je faisais plutôt des sauts de puce, là il y avait vraiment de la hauteur sous mes pieds… Ma première réaction, une fois posée, fut de me dire : "on recommence ?"

Qu’est ce qui te plaît le plus dans le parapente ?

J’aime pouvoir me balader, essayer d’analyser un peu les conditions et la masse d’air. A chaque vol, tu examines les prévisions, tu émets des hypothèses sur le fonctionnement de la masse d’air par rapport au terrain… Et tu es souvent surpris ! Ce qui est fun dans le parapente, c’est que chaque vol est différent, même si l’on part du même endroit. Les conditions aérologiques sont principalement liées au niveau d’ensoleillement, cela varie donc tout le temps au fil de la journée. Chaque vol sera ainsi unique, quelque soit le site.

A l’heure actuelle, quelle est ta discipline de prédilection en tant que pilote ?

Je suis spécialisée en distance, cela ressemble un peu à des régates de bateaux. Une Coupe du monde dure une semaine, et chaque jour un parcours est choisi par la direction de course selon les conditions aérologiques. Il y a un start, des balises à passer et une ligne d’arrivée, et il faut réaliser ce parcours le plus rapidement possible. Suivant les conditions, il sera de 50 à environ 150km.

Quel entraînement suis-tu pour gérer ces parcours ? As-tu un coach mental ?

Je suis kiné dans la vie, et suis plutôt autodidacte dans ma préparation. Je m’entraîne physiquement, mais j’aime bien, en parallèle, faire plein d’autres choses qui peuvent me servir dans ma pratique. C’est important d’être en forme car les manches durent longtemps, mais ce n’est pas pour autant un critère déterminant pour être performant. C’est surtout le mental qui est prédominant. J’ai par le passé fait appel à deux-trois préparateurs mentaux, mais je sais désormais comment je fonctionne.

Quelles sensations ressens-tu lorsque tu es dans les airs ?

Le parapente procure une belle sensation de liberté, tu peux aller un peu partout. Pour se déplacer, le jeu c’est de prendre un courant ascendant, de transiter de relief en relief, de reprendre un autre courant ascendant.. Il n’y a pas vraiment de limites, même s’il y a toujours des espaces aériens à respecter, cela laisse une belle zone pour se balader.

En compétition, ce qui est fou, c’est que tu peux passer par plein d’états au cours d’une manche, passer de l’euphorie à la déception. Il peut y avoir beaucoup de rebondissements dans une course, du fait que les conditions évoluent au fur et à mesure de la journée. Tu peux te trouver en très mauvaise position et remonter au classement, ou l’inverse, suivant l’option que tu as choisie. Cela peut donc générer énormément de frustration, comme énormément de joie, en très peu de temps !

En course à pied, passer de la 1000e place à la 5e va être compliqué, mais en parapente tout est possible. En vol, il faut donc réussir à être suffisamment lucide pour se dire que rien n’est jamais fini, tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie. Tu peux être au bord du gouffre lors d’une course et au final la remporter !

Quel bilan tires-tu de ta saison 2018 ?

J’ai fait une "saison off" après mon titre mondial en janvier. Sportivement, cela fait dix ans que je vole, que tout tourne autour de ça. J’ai également pris du temps pour mener à bien mes études en STAPS puis de kiné, tout en cherchant, l’été, un peu de boulot comme monitrice car je ne bénéficie pas de gros sponsors.

En 3 ans, je n’ai pas eu une semaine de vacances, et j’ai donc souhaité souffler un peu. J’ai perdu un peu l’envie et je n’ai pas réussi à me remotiver. Quand tu te rends à reculons sur des compétitions, cela ne marche généralement pas trop bien, j’ai donc pris le temps !

Je suis en vacances en train de faire du surf, c’est pas mal aussi (rires).

La transition est toute trouvée avec notre prochaine question : quand tu ne voles pas, quels autres sports outdoor ou extrêmes pratiques-tu ?

Le surf est une découverte, mais je pratique également le kitesurf, depuis que je suis jeune. Je me débrouille plutôt bien, mais je n’ai pas souvent l’occasion d’en faire.. Je me suis mise aussi au vélo de route, à la natation, à la course à pied, à la rando… J’habite à Annecy, au pied des montagnes, donc j’en profite !

As-tu un modèle parmi les pilotes, ou y a t-il des pilotes qui t’inspirent ?

Je dirais Christian Maurer (vainqueur du Red Bull X-Alps 2017, ndlr). Il est vraiment un aigle, bon dans toutes les disciplines. Je pense également à un pilote français, Luc Armant, qui est lui aussi un oiseau dans son genre ! Quand j’étais jeune, j’ai lu beaucoup de ses récits, cela m’a donné l’envie de réaliser de grands vols.

J’ai ainsi effectué deux vols de 280km en deux jours, je me suis posée au sommet du Mont-Blanc en 2012….

C’est aussi ça qui me plaît dans le parapente, en dehors des compètes, c’est tout ce que tu peux faire avec une voile.

Quels sont tes spots favoris, en France et dans le monde ?

Annecy tout d’abord ! Car c’est vraiment joli au-dessus du Lac. De plus, ça vole très souvent parce qu’on est également protégés par tous les reliefs qu’il y a aux alentours, . En parapente, nous n’aimons pas le vent car on est vite limités dans nos mouvements. Annecy est donc un bon spot ! J’aime également Font-Romeu, dans les Pyrénées, j’étais là-bas en Pôle Espoirs, au lycée. Je dirais aussi la Colombie et le Brésil, qui sont également de jolis coins pour voler. C’est différent, il y a moins de montagnes, mais ça marche bien aussi !

Un conseil aux filles qui aimeraient se mettre au parapente ?

Lancez-vous, nous ne sommes pas assez ! C’est l’un des rares sports où il n’y a pas tant de différence que ça entre les femmes et les hommes, en termes de performances. Les niveaux peuvent être très similaires…

Malheureusement, il n’y a je crois que 15% de pratiquantes. Les mecs parlent beaucoup, ils parlent un peu plus qu’ils n’en font et cela décourage, je pense, certaines filles à oser voler.

Je leur dirais donc de se lancer, car le parapente est un sport très accessible, que l’on soit un homme ou une femme.

Quels sont tes projets à venir ?

Je participerai à la finale de la Coupe du monde en février 2019, mais mon autre projet est d’accompagner des sportifs (notamment mon copain) à la Red Bull X-Alps 2019. C’est une traversée qui part de Salzbourg, en Autriche, jusqu'à Monaco. L’idée est d’embarquer du matos léger, avec l’objectif d’aller le plus vite possible. S’il y a de bonnes conditions tu voles, sinon tu marches avec ton parapente sur le dos.

Il y a besoin d’énormément d’infos météo, de routage, de repérages, et je fais donc partie de l’équipe d’assistance. Je pense que cela va pas mal m’occuper jusqu’en juin prochain ! C’est une première expérience, un projet professionnel, j’aimerais à terme suivre d’autres athlètes, en parallèle de mes activités de kiné.

Le mot de la fin ?

J’en profite pour préciser que je travaille pour une école de parapente, les Passagers du Vent à Annecy. Si vous souhaitez voler au-dessus du Lac, je serais ravie de vous faire découvrir ma passion !

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